Quand « accélération technologique » rime avec « Entreprise 2.0 »

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Richard Collin, Professeur, Directeur de l’Institut de l’Entreprise 2.0 à Grenoble Ecole de Management et Partner chez Nextmodernity, livre dans notre étude en quoi les (r)évolutions technologiques vont inévitablement engendrer une reconsidération du management et des organisations. Regard d’expert.

Quand « accélération technologique » rime avec « Entreprise 2.0 »next modernity

Richard COLLIN

Directeur associé de Nextmodernity, société de conseil et de services leader dans le domaine de l’entreprise 2.0 et du social business, Professeur à Grenoble Ecole de Management et directeur de son Institut de l’Entreprise 2.0, Richard Collin est un praticien et expert qui accompagne, conseille, coache et forme les entreprises, les institutions, les territoires et les hommes dans leur transformation et évolution compétitive et durable vers la société en réseau et de l’innovation par l’usage des technologies numériques et du social media. Il a notamment occupé différentes responsabilités de senior management international dans des multinationales de la haute technologie. Il a fondé et dirigé le centre européen Neurope Lab, European Research Centre for the Knowledge Age avant de prendre la direction générale de Trivium, éditeur de logiciel fondé avec Michel Serres, Pierre Lévy et Michel Authier. Keynote speaker dans les conférences internationales, auteur de nombreuses publications sur la transformation du travail et du management, il est engagé comme co-fondateur et Président du Cluster Green & Connected Cities à l’origine du programme des Ecocentres 2.0, tiers lieux de travail de nouvelle génération, vice-président de l’Association Française des utilisateurs du Net et du e-business l’AFNeT, et membre de la « Commission nationale Economie Numérique et Innovation » du MEDEF. Richard Collin est titulaire d’un diplôme d’ingénieur en électromécanique de l’ESME Paris, d’un MBA de l’IAE Grenoble, d’un DESS en sciences sociales (Université Paris-Sorbonne), et de l’INSEAD (IAMP) Fellow Western Behavioral Sciences Institute (UCSD – La Jolla).

(R)évolution technologique : qu’est-ce qui a changé dans la société ?

L’innovation technologique accélérée (Internet, le cloud, les tablettes, etc.) et la convergence technologique (nano, bio, robots) ont un impact considérable sur les modes et les lieux de production. Au gré de l’évolution technologique, la création de valeur prend de nouveaux visages ; le travail devient de plus en plus immatériel et délocalisé. Avec l’avènement de l’économie de la connaissance, de nombreuses études prospectives annoncent la disparition du travail salarié, au profit de l’auto-entreprenariat.

Conséquence de la transformation numérique, un passage s’opère : d’une logique de résultats (quantité) à une logique de devenir (qualité). D’une logique de propriété à une logique d’usage. Appliqué à l’information : on donne désormais ce qui est copiable, et on vend la valeur générative. Appliqué aux bureaux : les espaces de bureaux traditionnels et attitrés pourraient laisser de plus en plus place à des bureaux partagés, au sein de l’entreprise, voire en dehors, dans des télécentres ou des espaces de coworking. Avec l’accélération technologique, les usages et les pratiques sont donc revisités. C’est l’avènement du « 2.0 ».

Autant d’évolutions qui s’inscrivent dans un contexte de transformation démographique et géopolitique profonde : nouveaux équilibres générationnels, transformation du tissu urbain, montée en puissance et concurrence nouvelle des pays « en développement »…

Enfin, les évolutions technologiques trouvent un véritable écho en matière de développement durable : climat, énergie, société. Elles ont mis l’accent sur la nécessité d’inventer de nouvelles règles, et ont rendu possibles de nombreux changements. Grâce aux nouvelles technologies, nous devenons tous les acteurs d’un monde en train de se construire.

« Avec l’accélération technologique, nous sommes aujourd’hui à un moment de basculement. Le travail change, les modèles traditionnels, hérits des logiques d’après-guerre – qui considéraient que le travail était prédictible, mesurable et individualisable – sont devenus obsolètes. L’énergie et la matière, sur lesquelles était bâtie l’ère industrielle, laissent place à l’information et la matière grise. La cerveau-facture est née. »

Quand « accélération technologique » rime avec « Entreprise 2.0 »

Quelles répercussions sur l’entreprise et le travail ?

Les organisations deviennent des « communautés de destins et de desseins ». Les activités transactionnelles, fondées sur la production et l’échange de biens matériels, sont de plus en plus réduites. Mais si la technologie a permis des progrès considérables, l’économie de la connaissance reste fondée sur des femmes et des hommes de chair et de sang… et leur capacité à favoriser une intelligence connectée.

Pour fonctionner, les entreprises doivent donc permettre de se rassembler, inciter à coopérer et à s’engager. Elles doivent proposer des environnements propices à la socialisation et à la confiance. Des lieux de vie, de rencontre, d’animation, de partage, de découverte, de formation… Des lieux d’identité. Des repères / repaires, pour redonner du sens, du plaisir et favoriser la solidarité au travail.

Enfin, face à la surcharge d’information et aux sollicitations intempestives, le temps doit être restructuré, en séparant mieux temps de production et temps sociaux. Pour chacun, l’enjeu est désormais de devenir un « entrepreneur de la connaissance », un expert dans sa propre sphère, capable de contribuer aux décisions et à la navigation de l’entreprise, dans un environnement devenu structurellement complexe et incertain. Aux managers de se réinventer : en passant « du management au maillagement », c’est-à-dire en s’attachant à susciter la coopération et l’engagement autour de projets communs. En exploitant au mieux les nouveaux outils technologiques pour connecter les individus, et en faisant fi des pratiques traditionnelles, du statut et des murs physiques de l’entreprise… pour être plus efficaces collectivement.

Retrouvez le témoignage de Richard Collin, ainsi que les regards de plusieurs experts sur le sujet dans notre étude complète.

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