« Notre environnement de travail est organisé à 98 % en espaces ouverts »

« 98 % de notre environnement de travail sont organisés en espaces ouverts »
« 98 % de notre environnement de travail sont organisés en espaces ouverts »
Florence PERONNAU, Directeur Immobilier Groupe
Après une licence de Sciences Economiques à l’Université de Paris X Nanterre, Florence Péronnau entre à Sciences-PO Paris (ECO-FI). Accréditée Chartered Surveyor (RICS) au cours de sa carrière, elle acquiert durant 25 ans auprès d’Investisseurs Institutionnels une expérience dans les métiers de l’investissement, de la maîtrise d’ouvrage, de la valorisation d’actifs et entre en Août 2006 chez Sanofi pour mettre en place la Direction Immobilière. Elle construit durant les 5 dernières années 4 départements reprenant l’ensemble des expertises métiers nécessaires pour accompagner l’activité de la performance du Groupe, à savoir l’Asset Management (gestion d’actifs et valorisation), les Projets (avec la mise en place de chartes Green Building & Workplace ainsi qu’un département Schéma Directeur Immobilier), le Facility Management et la Performance immobilière.

Un an après l’installation de Sanofi dans son siège mondial parisien du 54 rue de La Boétie, Florence Péronnau, directeur immobilier du groupe revient sur cet évènement important qui a « marqué les esprits » et auquel JLL a été associé. Elle détaille la stratégie immobilière du groupe de santé qui se poursuit en France. La deuxième étape du Schéma directeur immobilier validé en 2009, consistera au regroupement de trois sites en région parisienne, Sanofi ayant choisi d’installer trois grandes directions à Gentilly, site historique, sur le futur Campus de Val de Bièvre, en cours de construction. Près de 24 mois avant le déménagement, cette arrivée de 3.000 collaborateurs se prépare déjà activement. Florence Péronnau évoque également la charte internationale d’aménagement mise en place au premier trimestre 2013 à l’échelle du groupe qui occupe près d’un million de mètres carrés dans le monde.

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Le 23 janvier 2012, le groupe Sanofi s’installait dans son nouveau siège mondial situé au 54 rue de la Boétie dans le 8e arrondissement de Paris. Un an après ce déménagement, quel est votre retour d’expérience concernant cet immeuble de 20.000 mètres carrés qui fait la part belle aux bureaux décloisonnés ?

F.P : Nous venons justement de réaliser une enquête de satisfaction auprès des 700 collaborateurs qui travaillent au siège depuis maintenant plus de 12 mois. Il apparaît que 70 % des personnes qui ont répondu à ce questionnaire se déclarent satisfaites et très satisfaites de leur lieu de travail. Nous nous félicitons de ce retour positif car ce projet immobilier mené tambour battant avec notre AMO JLL Corporate Solutions, désormais la vitrine du groupe, était innovant et ambitieux. Je crois qu’il a marqué les esprits.

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Avec cet immeuble, nous pensons avoir créé un lien renforcé entre l’entreprise et ses collaborateurs. Pourtant au cours des six premiers mois suivant notre arrivée dans les lieux, les gens restaient dans leurs espaces individuels. Ils évoluaient assez peu dans l’immeuble et dans tous les espaces collectifs qui leur avaient été réservés. Avec le temps, ils se sont progressivement appropriés ce nouvel environnement et ont élargi leur espace vital. Aujourd’hui, il n’y a qu’à se promener dans l’immeuble pour constater qu’il y a du monde partout. On travaille certes à son bureau, mais plus seulement. Les collaborateurs se croisent et évoluent à tous les étages. Ils s’installent dans les salles fermées (box, salle de téléconférence ou de réunion), dans les sofas du lounge et même occupent les tables de la cafétéria.

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Cette fluidité des circulations a été rendue possible grâce à la conception de nombreux espaces ouverts. Grâce à une géographie qui lui est propre, cet immeuble est accessible à tous. Le vaste atrium aux colonnes végétalisées est devenu une sorte de « place du village» où il se passe toujours quelque chose. C’est un lieu de passage où toutes les semaines s’organisent des manifestations et des expositions à l’initiative des différents métiers ou régions du groupe. Nous sommes arrivés à créer et à aménager un lieu collaboratif et convivial facilitant les rencontres formelles et informelles; le partage d’informations et le travail à plusieurs. Aujourd’hui, sur les 800 postes de travail installés sur le site, on ne compte que 16 bureaux fermés. Le reste, soit 98 % est organisé en espaces ouverts. Pour mémoire, à notre précédente adresse, l’environnement était à 98 % cloisonné. Pour les équipes sur place ou de passage, ce lieu emblématique redonne un sentiment d’appartenance et de fierté. Concernant la situation de cet immeuble, propriété du fonds allemand KanAm, elle est stratégique pour nos métiers. Installé dans le quartier central des affaires (QCA), le siège monde du groupe se trouve à proximité des centres de décisions politiques (ministères, Elysée, Matignon,) et des hôpitaux. Grâce à un vaste amphithéâtre et des « Community Center » à chaque étage, il est désormais possible de recevoir les délégations venues de l’étranger, et accueillir les partenaires et les patients.

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Après un an de fonctionnement, quels sont les changements ou adaptations à apporter dans cet immeuble?

La conduite du changement des habitudes de travail ne s’est pas arrêtée à la livraison du bâtiment et encore moins au lendemain de l’installation. Un an après notre arrivée, nous menons toujours des comités de suivi dont l’objectif consiste à améliorer les conditions de travail, à fixer les règles de vie et à répondre aux attentes des collaborateurs. Nous allons notamment corriger les problèmes acoustiques entre certaines salles de réunion. 

Le changement se poursuit chez Sanofi. Actuellement en chantier, le Campus Val de Bièvre de 52.000 mètres carrés, situé à Gentilly dans le Val de Marne, accueillera en 2015, 3.000 collaborateurs. Comment se prépare ce nouveau défi immobilier? Et, comment comptez-vous capitaliser le retour d’expérience de l’opération du 54 rue de la Boétie ?

F.P. : Nous irons encore plus loin dans la création d’espaces partagés. L’idée est de faire quelque chose de différent de ce qui a été réalisé au 54 rue de La Boétie. Cette nouvelle entité du groupe sera forte et singulière. La distribution des espaces et l’attribution de différentes typologies de postes de travail seront différenciées selon les besoins réels des collaborateurs qu’ils soient « nomades », « sédentaires », ou organisés en mode projet. Toutefois, nous devrons tirer les enseignements des changements passés pour mieux préparer cette implantation d’envergure. Comme il s’agit d’une construction neuve, nous disposons de davantage de temps pour préparer les changements en amont. Comme pour le siège mondial, nous allons conduire ce changement en formant des groupes de travail, des ateliers et thématiques sur les besoins et modes de travail afin que chacun puisse s’approprier ces nouveaux espaces.

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Propriété de la MACSF, ce campus « bioclimatique », doublement certifié Haute Qualité Environnementale (HQE) et Building Research Establishment Environmental Assessment Method (BREEAM), s’inscrit dans la démarche de certification environnementale menée par la direction immobilière du groupe. Nous sommes en ligne avec les objectifs de développement durable souhaités par Sanofi, le tout porté par la Responsabilité sociale des entreprises (RSE).

En quoi les opérations immobilières menées en France sont-elles utiles au déploiement de la politique immobilière de Sanofi à l’international?

F.P. : Une cohérence générale est nécessaire car nous occupons près d’un million de mètres carrés dans le monde. Symboles de changements, ces opérations hexagonales d’envergure vont inspirer les projets menés à l’étranger. Elles permettent d’asseoir la charte internationale d’aménagement lancée en juin 2012 à la suite de la Charte Boétie et qui a vocation à s’appliquer à l’ensemble des implantations immobilières tertiaires (bureaux, bâtiments administratifs des usines de production, centres de recherche et développement) de Sanofi dans le monde. Décliné dans les 110 pays où nous sommes présents, « Workplace@Sanofi » s’avère être un dénominateur commun des règles d’occupation des sites actuels et futurs du Groupe. En 2013 ces règles seront déployées et adaptées aux différentes cultures des pays et régions. Cette Charte sera très liée à la Charte « Green Building » en cours de rédaction, nos sites tertiaires devant atteindre des objectifs de Santé au travail et confort des occupants, reprises dans les labels de certifications environnementales, tant dans les immeubles neufs (BREEAM, LEED, etc.) que dans des immeubles anciens (HQE exploitation, BREEAM in use…).

Tous nos sites doivent être aménagés et gérés de façon durable. Les objectifs consistent à être leader dans les cibles précitées du confort, de la santé et du bien-être des occupants, mais également à limiter l’empreinte carbone et les consommations énergétiques par un pilotage de la performance des bâtiments mieux maîtrisé.

Les opérations en cours et à venir permettent-elles d’avoir une vision de la fonction immobilière de demain ?

F.P. : Aujourd’hui, elles offrent une belle visibilité à un groupe mondial comme le nôtre. Toutefois, rien n’est figé et tout évolue de façon très rapide : procédés de construction, de l’utilisation de matériaux innovants, des changements de réglementation, des progrès technologiques et informatiques, permettant de nouvelles façons de travailler. Afin de ne pas être obsolètes dans 20 ans, les bâtiments conçus aujourd’hui devront laisser une grande part à la flexibilité permettant d’intégrer l’évolution des modes de vie pour être plus pérennes.

Propos recueillis par Laurence Boccara.

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