Efficacité au travail : quel est le bureau idéal selon les salariés ?

Qu’est-ce qui lie les salariés à leur entreprise ? Quels aspects de leur environnement de travail favorisent leur performance et leur donnent envie de se rendre au bureau ? Les attentes des salariés passées au crible.

Lorsqu’on demande aux salariés si leur environnement de travail leur permet de travailler efficacement, plus d’un salarié sur dix estime qu’il est un frein à sa productivité, et deux salariés sur trois disent ne pas être franchement convaincus. Ce résultat étonnant, mis en lumière par notre étude Performance des collaborateurs & Environnement de travail, menée avec l’institut CSA, révèle que les collaborateurs viennent avant tout au bureau pour répondre à des contraintes organisationnelles… plutôt que par intime conviction d’y trouver un endroit propice à leur efficacité.

1 h 45 de temps de trajet aller-retour : seuil critique pour les salariés

Le premier frein à la productivité identifié par les collaborateurs est le temps de trajet entre le domicile et le lieu de travail, une problématique qui trouve naturellement beaucoup d’écho en région parisienne. Selon les salariés franciliens, le seuil à ne pas dépasser est de 1 h 45 aller-retour. Au-delà, ils estiment que leur performance est impactée.

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Par ailleurs, en cas de déménagement, la marge de manœuvre des entreprises est particulièrement limitée. En effet, les collaborateurs ne sont pas prêts à rallonger leur temps de trajet aller-retour au-delà de dix minutes en moyenne. Et pas au-delà de six minutes pour les usagers des transports en commun, qui ont une tolérance beaucoup plus réduite en la matière.
Ces seuils doivent donc être impérativement gardés à l’esprit lors de la recherche de nouveaux locaux. Ne pas en tenir compte est un pari risqué pour les entreprises, qui s’exposent à des problèmes sur le long terme : fuite des talents, difficultés à recruter, perte de temps des collaborateurs dans les transports…

Les clés de l’environnement de travail efficace : Maslow réinventé

La localisation est loin d’être le seul élément ayant un impact sur la performance des salariés. Pour être efficace sur son lieu de travail, un collaborateur sur trois attend des aménagements de qualité. Plus généralement, l’efficacité perçue des bureaux est régie par une logique toute « maslowienne » : tant que les besoins primaires ne sont pas satisfaits, il est vain de tenter de combler un besoin supérieur.

En priorité, il faut répondre aux besoins des salariés en termes de confort physique (espace, mobilier confortable, agencements leur permettant de se concentrer). Ensuite, il s’agit de satisfaire leurs besoins d’interaction : espaces collaboratifs et informels, zones permettant les conversations confidentielles, outils collaboratifs (messagerie instantanée, réseau social d’entreprise, etc.). Viennent, dans un troisième temps, les besoins en lien avec l’estime de soi. Cela passe par l’image de marque renvoyée par les locaux de l’entreprise, l’accès à l’information et aux décideurs ou encore des espaces de travail favorisant la créativité. Enfin, les besoins de liberté et d’accomplissement arrivent en dernier : choix des lieux et des temps de travail, accès distant aux e-mails et fichiers, BYOD…

En résumé, il est inutile de vouloir offrir aux collaborateurs plus de flexibilité, si rien n’a été fait pour leur permettre de s’isoler pour se concentrer.

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Le « flexi-travail », un levier essentiel à explorer

Au sommet de cette pyramide de Maslow revisitée se trouve donc le « flexi-travail », c’est-à-dire le fait de pouvoir disposer d’une plus grande liberté de choix, à la fois dans les lieux et les horaires du travail. Cette attente est citée par la moitié des salariés comme un levier d’efficacité prioritaire sur lequel l’entreprise doit travailler. Car, si 78 % des salariés interrogés estiment être libres dans la gestion de leur temps de travail, ils ne sont que 38 % à se sentir libres de choisir l’endroit où ils veulent travailler.

Cette frustration se traduit dans cette autre statistique : un salarié sur deux dit devoir être visible au bureau pour que son manager perçoive qu’il travaille. Toutefois cette attente de flexibilité a encore du mal à se traduire au sein de l’entreprise. Les salariés pensent spontanément au télétravail à domicile et appréhendent l’entreprise comme un lieu binaire qui opposerait bureaux individuels fermés et grands open spaces, sans entrevoir l’étendue des possibles qui existe entre ces deux extrêmes. Rares sont ceux qui évoquent spontanément le fait de pouvoir disposer d’une diversité d’espaces au sein de l’entreprise. Ainsi, l’activity based workplace (aménagement des espaces selon les activités : se réunir, se concentrer, téléphoner, etc.) qui permet de proposer des espaces de travail variés et adaptés aux différents besoins d’une journée, reste méconnu.

Le bureau efficace, créateur de liens

Répondre au désir de flexibilité des salariés, en les accompagnant dans l’appropriation des nouveaux espaces de travail variés au sein de l’entreprise, constitue donc un enjeu de taille. D’autant qu’il n’y a pas que la performance des collaborateurs qui est en jeu mais aussi leur attachement à l’entreprise. 85 % des salariés qui voient dans leurs bureaux un levier d’efficacité estiment que ces derniers concourent à développer un sentiment de communauté et d’appartenance à l’entreprise, contre 26 % pour ceux qui ne sont pas convaincus par la performance de leur espace de travail.

Et l’attachement à leur entreprise s’entend au sens propre comme au figuré ! Les salariés voyant dans leur bureau un frein à leur productivité souhaitent s’évader de l’entreprise presque deux fois plus fréquemment que les autres, afin de pouvoir travailler plus efficacement. Aujourd’hui, une tendance de fond se dessine : tous les salariés, même les plus sédentaires, souhaitent pouvoir travailler, de temps à autre, en dehors de leur bureau, notamment pour s’affranchir du temps de trajet. Toutefois, si le télétravail occasionnel séduit de plus en plus de personnes (neuf salariés sur dix selon notre étude), il ne faut pas se méprendre : les salariés n’aspirent aucunement à déserter l’entreprise. Cette dernière reste, et restera toujours à leurs yeux, un lieu irremplaçable de socialisation, de collaboration et de création de valeur. Le bureau idéal est donc celui qui sait concilier sentiment de liberté – au travers du choix des lieux et des moments de travail – et attachement à l’organisation.

Retrouver notre étude complète en cliquant ICI

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